L’ASLOCA Fribourg recommande de rejeter l’initiative du chaos le 14 juin prochain. Ce texte ne répond à aucun des problèmes auxquels les locataires sont confrontés et risque même d’aggraver leur situation. Les initiants - qui sont aussi ceux qui combattent quotidiennement les droits des locataires - cherchent à instrumentaliser la situation des locataires et à détourner l’attention des véritables causes de la crise du logement : les loyers abusifs et le manque de logements abordables.
Les loyers n’augmentent pas à cause de l’immigration
Entre 2003 et 2023, les loyers ont augmenté de 24% dans le canton de Fribourg, soit bien plus rapidement que les salaires Si ce constat est important, l’immigration n’en est pas la cause. En 2025, par exemple, l’immigration a reculé de 12%, tandis que les loyers proposés ont augmenté de plus de 2%.
Le véritable problème est que le droit du bail, qui fixe un rendement maximal autorisé pour les loyers, n’est tout simplement pas respectée. Son application repose en grande partie sur les épaules des locataires, qui doivent eux-mêmes contester leur loyer initial. Résultat : en 2024, les locataires ont payé plus de 10 milliards de francs de loyers abusifs, soit en moyenne 360 francs de trop par mois et par ménage.
Pas de baisse de loyers ou de nouveaux logements abordables
L’initiative détourne ainsi l’attention des véritables solutions qui permettraient d’améliorer concrètement la situation des locataires : la lutte contre les loyers abusifs, le renforcement de la protection des locataires et la construction de logements d’utilité publique.
Les locataires n’économiseront pas le moindre centime de loyer avec cette initiative, pas plus qu’un seul nouveau logement abordable ne verra le jour. Pire encore, en exerçant une pression à la baisse sur les salaires et le pouvoir d’achat, cette initiative risque d’alourdir davantage la charge du logement, alors même qu’elle constitue déjà le principal poste de dépense des ménages.
Les initiants ne sont pas crédibles
L’ASLOCA Fribourg déplore la manière avec laquelle les initiants instrumentalisent les intérêts des locataires pour servir une tout autre cause.
Pas moins de 14 des 21 membres du comité d’initiative représentent directement le lobby immobilier. Au Parlement fédéral, chaque attaque contre le droit du bail est rédigée de la même plume que cette initiative.
À l’échelon cantonal, l’UDC s’est systématiquement opposée à tout projet de politique du logement. Ces deux dernières années, elle a par exemple combattu l’idée même d’une loi sur le logement et refusé l’instauration d’un droit de préemption, qui aurait permis le développement de logements à loyers abordables ou adaptés aux seniors.

